Alexander Mackenzie est né en Écosse en 1764. Sa famille a déménagé en Amérique du Nord dix ans plus tard. À l’âge de 15 ans, il travaillait déjà pour «Finlay and Gregory», une société qui pratiquait la traite des fourrures dans l’Ouest depuis 1773... À 21 ans, Mackenzie se voit offrir une part dans la nouvelle entreprise qui vient d’être fondée, la Compagnie du Nord-Ouest. Souhaitant établir un comptoir maritime sur le Pacifique, la compagnie demande à Mackenzie d’explorer l’ouest du continent et de trouver une voie navigable au-delà des Rocheuses. Après une première expédition qui le conduira dans l’océan Arctique, Mackenzie, à 29 ans, devient le premier Européen à atteindre le Pacifique par le nord-ouest du continent. L’expédition de Mackenzie au Pacifique n'a rien apporté à la Compagnie du Nord Ouest. Mais c'est quand même grâce à sa détermination et à son audace qu'on a pu ajouter une grande portion de terre sur la carte du Monde...
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La vie des voyageurs
Les voyageurs de la Compagnie du Nord-Ouest étaient surtout des Canadiens-français de la région du grand Montréal, mais il y avait aussi des métis et des autochtones qui signaient des contrats. Les voyageurs étaient généralement des jeunes hommes provenant de familles d'agriculteurs qui s'engageaient comme voyageurs pour gagner l'argent nécessaire à l'achat d'une terre, d'une charrue et d'un boeuf bien à eux. Chaque voyageur signait un contrat qui indiquait les conventions de l'entente entre l'engagé et la compagnie. Le salaire que recevait l'engagé dépendait de son expérience et de sa position dans le canot. Les «hommes du nord», qui voyageaient à l'ouest du lac Supérieur, recevaient des salaires plus élevés que les «mangeurs de lard» qui faisaient la navette entre Montréal et les postes du lac Supérieur. Les guides et interprètes, qui dirigeaient les brigades, recevaient de deux à quatre fois le salaire des autres engagés. Les hommes qui occupaient les positions d'avant ou devant, et de gouvernail, recevaient plus que les «milieux».
Au printemps, les voyageurs partaient de Montréal avec les objets de troc, ou alternativement de leurs postes d'hivernant avec les fourrures pour se rendre au Rendez-vous à Fort William. La routine quotidienne du voyageur, pendant les six à huit semaines consécutives de voyage, était très exténuante. Le voyageur se levait, chargeait les canots, pagayait, prenait au moins deux, sinon trois repas, contournait des obstacles à la navigation avec un portage, une demi-charge, en tirant à la cordelle ou en utilisant une autre technique selon le besoin, s'arrêtait pour le soir, préparait le camp, se divertissait, et se couchait. Ces hommes mettaient souvent 15 heures de travail par jour. La vitesse des canots était déterminée par selon que l'on voyageait avec ou à contre-courant, et le nombre de rapides et de portages le long de la route. Le bourgeois Peter Grant avait estimé que la vitesse des canots du nord était en moyenne de six milles à l'heure. À ce rythme, les voyageurs pouvaient avancer sur une distance d'environ 75 à 125 milles par jour, mais les portages auraient probablement réduit cela à un maximum de 50 milles par jour. Pour se nourrir, ceux qui faisaient la navette entre Montréal et Fort William mangeaient principalement le maïs et le porc salé, et les hommes du nord mangeaient du pemmican. Les moments de repos et les divertissements étaient très importants pour maintenir le moral de l'équipe. Au cours de la journée, les voyageurs arrêtaient d'une façon régulière pour des pipes, des pauses durant lesquelles ils fumaient et se reposaient un peu. Après avoir passé par un lieu symbolique ou un portage difficile, l'alcool fourni par le bourgeois était parfois distribué pour récompenser les voyageurs. Les chansons et la musique jouaient aussi un grand rôle dans la vie des voyageurs. En canot ils fredonnaient des chansons tout au long de la journée, ce qui donnait un rythme à la pagaie et aidait aussi à allégir le travail des voyageurs.
Les photos des personnages historiques proviennent des Archives Nationales, des Sœurs Grises, de la Confederation and Life Collection Toronto et de la Galerie des Beaux Arts du Canada.
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