L’Heure bleue

La maternité
adolescente
Découvrez les histoires de femmes qui sont devenues mamans très jeunes et les impacts sur leur vie et celle de leurs proches. Ce dossier propose également des informations et des ressources pour accompagner les jeunes parents.

La vie sociale

Témoignage
Est-ce difficile de demander de l'aide ?

Est-ce qu’on arrive à profiter (plus) de sa maternité en étant jeune maman?

Je suis tombée enceinte à 26 ans. Si pour certaines personnes c’est quand même un âge correct (ma mère m’a eue à 25 ans), disons qu’à cet âge, je n’étais pas dans une position qui me faisait me sentir bien bien adulte. J’étais encore à l’école après 10 ans d’études postsecondaires, je n’avais pas d’emploi à temps plein, et j’étais entrepreneure depuis 2 ans avec un site internet. Disons que l’âge y était, mais la maturité, la pleine maturité celle qui te fait comprendre que ça va être correct, je la sentais un peu moins.

Quand on m’a demandé si j’ai bien profité de ma maternité en ayant mon enfant à 27 ans, ça m’a un peu fait de la peine. C’est que je pense que le contexte dans lequel j’ai eu mon enfant était difficile. Je n’ai pas senti que j’avais profité de mon congé de maternité parce que j’ai dû continuer de travailler parce que – principalement – en étant étudiante lors qu’on a un enfant, on a pas mal juste le choix de continuer l’école pour être capable de survivre.

Je pense aussi qu’on met beaucoup de pression sur les jeunes mamans en leur demandant de performer leur maternité un peu comme des bonnes notes à l’école. On demande à des jeunes mamans sous prétexte que c’est leur choix de devenir maman avant d’avoir passé les étapes classiques du mariage, maison, job stable et enfant de réussir l’image parfaite de la maternité parfaite et en contrôle sans se poser de questions et en essayant de donner la meilleure performance.

D’un autre côté par contre, je pense qu’avoir eu mon enfant plus jeune m’a donné une espèce d’énergie qui n’a jamais cessé. Comme je suis considérée comme une milléniale, j’ai vraiment voulu inclure mon enfant dans chacune de mes activités. Que ce soit pour un premier voyage lors de ses 4 mois à Hawaii ou bien lors de toutes nos week-ends et nos aventures, il a toujours fait partie du portrait.

Naïvement, je l’ai trainé partout, lors de mes différentes activités de travail, lors de festival de musique, lors de festival de mode, à des défilés, même dans des voyages autour du monde. Je pense que cette espèce d’insouciance qui a marqué mon début de maternité m’a servi plus qu’autre chose à ne pas me mettre de limite au niveau de la vision qu’on pouvait avoir de ma maternité. Je suis l’école d’au pire on s’arrange. Et c’est ce que j’ai toujours fait.

Alors est-ce qu’n profite plus de sa maternité en ayant ses enfants en étant plus vieux? Oui surement! On profite plus de sa vie avant pour faire certaines choses, mais pour moi, ça juste permis d’inclure plus mon enfant dans mes expériences et mes aventures, ce qui me fait me dire qu’au final, j’en ai aussi bien profité!

Josiane Stratis

Ressources
(418) 522-5139
Mères et monde se consacre, depuis 1999, à l’amélioration des conditions de vie des mères de 16 à 30 ans et de leur famille.
Voir le site
(450) 348-4330
Jeunes mères en action a pour mission d’offrir des services spécialement adaptés aux besoins des jeunes mères à faible revenu vivant avec des problématiques comme la situation de monoparentalité, la pauvreté, la sous-scolarisation, l’isolement et autres problématiques connexes dans le but d’améliorer leurs conditions de vie et celles de leurs enfants.
Voir le site
1 800 361-5085
LigneParents est un service d’intervention accessible jour et nuit, gratuit, confidentiel et offert par des intervenants professionnels à tous les parents d’enfants âgés de 0 à 20 ans du Québec.
Voir le site
(418) 684-0050
Nous reconnaissons les parents comme les "véritables experts" de leur(s) enfant(s) et les accueillons dans le plus grand respect, sans les juger et sans distinction de classe sociale, de type de structure familiale, de race ou de religion. Nous faisons confiance au potentiel du parent et nous visons à le guider et à l'outiller sans lui imposer de solutions ou de méthodes préconçues. Nous croyons que le parent est maître de ses actions et qu'il reste le mieux placé pour intervenir auprès de son (ses) enfant(s) en étant pleinement conscient de ses propres capacités et limites, de celles de ses enfants, de sa réalité familiale et du contexte dans lequel il intervient.
Voir le site

L'autonomie

Témoignage
L'autonomie - un autre aspect de la liberté

La grossesse à l’adolescence

Les recensions des grossesses à l’adolescence démontrent que de 1980 à 2008 au Québec, le taux de grossesse à chuter, et ce, autant dans le groupe d’âge des 14-17 ans que dans le groupe des 18-19 ans. De plus, le taux de naissance à terme a aussi diminué chez ces deux groupes. En 1980, il était possible d’observer 5.9 naissances sur 1000, alors qu’en 2008, 3.1 naissances étaient observées chez le groupe des 14-17 ans. Du côté du groupe des jeunes femmes de 18-19 ans, les statistiques démontrent une diminution de 8.8 points de pourcentage entre 1980 et 2008 (Gouvernement du Québec, 2018). Ce phénomène est aussi constaté sur le terrain. Les grossesses à l’adolescence surviennent de plus en plus tard et de moins en moins, heureusement.

Pour ces jeunes filles qui décident de poursuivre leur grossesse, plusieurs ressources différentes existent pour venir en aide aux jeunes mères et pour venir combler différents besoins. Tout d’abord, le gouvernement met en place des services de santé qui viennent appuyer les jeunes mères avant et après la grossesse à l’aide d’une équipe interdisciplinaire (infirmières, travailleurs sociaux, nutritionnistes et d’éducateurs). Ensuite, il existe des ressources d’hébergements qui offrent des appartements supervisés ou non à moindres coûts aux jeunes mères. Puis, des institutions scolaires existent et permettent aux jeunes femmes qui le désirent de poursuivre leurs études dans un établissement pendant leur grossesse et après la naissance de l’enfant. Enfin, il existe un organisme communautaire ; le Petit Revdec qui permet aux jeunes mamans de briser cet isolement social qui survient parfois lorsqu’une jeune femme fait le choix de poursuivre une grossesse malgré son jeune âge. En effet, comme toutes les mères, ces jeunes femmes vivent de nombreuses inquiétudes par rapport au développement de leur enfant et comme elles se sentent plus vulnérables, elles ne vont pas chercher les ressources nécessaires par peur du jugement des autres. Sans oublier que lorsqu'une adolescente décide de poursuivre une grossesse, cela ne signifie pas que son réseau social est en mesure de la supporter adéquatement dans sa nouvelle réalité de mère, c’est pourquoi le Petit Revdec existe depuis 1992. Cet organisme a réussi à développer à travers le temps une solide expertise auprès des mères de 12 à 22 ans en leur apportant une écoute et un soutien adapté à leur réalité. Celui-ci permet aux jeunes mères de se rassembler entre jeunes femmes vivant les mêmes défis pour favoriser l’entraide, mais aussi pour qu’elles développent leur confiance en elle. Celles-ci sont souvent jugées par rapport à leur rôle de maman en raison de leur jeune âge et non sur leur capacité réelle à prendre soin de leur enfant. C’est un poids difficile à porter quotidiennement pour de nombreuses jeunes mères. C’est pourquoi le Petit Revdec fonctionne par modelage. Ainsi, les mamans peuvent reproduire à la maison les jeux, activités, comptines, chansons, interventions, etc. et cela leur permet donc d’être plus outillées dans leur rôle de maman.

En plus de permettre aux jeunes mères de continuer leur scolarité et de participer à divers ateliers d’apprentissage par projet, une des particularités du Petit Revdec est que l’organisme possède à même ses locaux une halte-garderie. L’avantage d’avoir une halte-garderie sous le même toit permet aux jeunes mamans de se sentir en confiance. En effet, ces jeunes femmes doivent apprivoiser l’étape de la séparation avec leur enfant et souvent elles se sentent insécures et craintives vis-à-vis d’adultes, d’intervenants et/ou d’étrangers. Ainsi, le fait qu’elles puissent voir et entendre ce qui se passe dans la halte-garderie les rassure. De plus, elles ont aussi la possibilité de participer aux activités avec leur enfant et de passer du temps à la halte-garderie, ce qui leur permet de constater que c’est un milieu sécurisant pour leur enfant. En d'autres mots, ce service leur permet une flexibilité et une accessibilité qui n'est pas possible dans un milieu de garde conventionnel.

Pour conclure, toutes ces ressources ont pour mission de venir en aide aux personnes en situation de vulnérabilité, notamment aux jeunes mères, afin de les outiller pour qu’elles puissent offrir un encadrement adapté, un environnement sécurisant et un meilleur avenir pour leurs enfants.

Toute l’équipe du Petit Revdec

Bibliographie Gouvernement du Québec. (2018). Statistiques de santé et de bien être selon le sexe - Tout le Québec. Repéré à http://www.msss.gouv.qc.ca/professionnels/statistiques-donnees-sante-bien-etre/statistiques-de-sante-et-de-bien-etre-selon-le-sexe-volet-national/taux-de-grossesse-a-ladolescence/

Ressources
(514) 596-4240
L’école secondaire Rosalie-Jetté accueille des adolescentes enceintes et des jeunes mères qui viennent de la grande région métropolitaine de Montréal, et qui ont pris la décision de poursuivre leurs études. Elles trouvent à Rosalie-Jetté un milieu adapté à leurs besoins.
Voir le site

 

Maman va à l’école est un organisme québécois sans but lucratif ayant pour objectif d’aider les mères de famille monoparentale à obtenir un premier diplôme et à intégrer le marché du travail, tout en développant leurs habiletés parentales.
Voir le site
(514) 899-5499
Nous sommes un milieu de vie et d'apprentissage adapté à leur situation et à leur âge. Le Petit Revdec s'adresse aux jeunes filles enceintes ou mères de 22 ans et moins. Les mamans proviennent de tout le territoire de Montréal.
Voir le site
(514) 341-0254
L'association Cigogne est un organisme qui accueille les parents qui étudient à l'Université et au CÉGEP. Nous sommes doté d'une mission toute particulière. Aucun autre organisme ne vient en aide spécifiquement aux parents étudiants. C'est une réalité bien particulière, car avoir des enfants demande déjà beaucoup d'énergie, il faut un courage exceptionnel pour retourner ou simplement poursuivre des études! Selon une étude, c'est un phénomène inquantifiable, mais de plus en plus présent.
Voir le site
(514) 282-1882
Mères avec pouvoir est un organisme à but non lucratif visant à favoriser l'autonomie et l'intégration sociale et professionnelle de femmes cheffes de familles monoparentales à faible ou modeste revenu avec enfants de la naissance à cinq ans.
Voir le site

Les grands-parents

Témoignage
Ressources
(514) 252-3017 / 1 800 828-3344
Le Réseau FADOQ est le plus grand organisme d’aînés au Canada, avec plus de 500 000 membres, 730 clubs, 16 regroupements régionaux et quelque 17 000 bénévoles. Fort d’une longue et fructueuse tradition de près d’un demi-siècle, il demeure bien de son temps et est plus que jamais un joueur indispensable sur l’échiquier d’un Québec à la population vieillissante.
Voir le site
(514) 745-6110 / 1 866 745-6110
L’Association des grands-parents du Québec est un organisme national voué à la défense des droits et des intérêts des grands-parents, des petits-enfants et des familles élargies. Nous venons en aide aux grands-parents, aux petits-enfants et aux aînés.
Voir le site
Les Maison des grands-parents sont des regroupements d’aînés bénévoles qui choisissent de s’engager auprès des jeunes et des familles. Ce sont des milieux de vie, des lieux d’action et d’entraide entre les générations où se forgent des liens du cœur, assurant ainsi le maintien d’une société plus solidaire et, par conséquent, en meilleure santé. Les membres des Maisons collaborent ainsi à une œuvre collective par le passage du témoin entre ceux qui ont accumulé de l’expérience et ceux qui affrontent l’avenir.
Voir le site

Les enfants devenus grands

Témoignage

La présence du père

Témoignage
Ressources
1 800 361-5085
Naître et grandir est financé et publié par la Fondation Lucie et André Chagnon, une société philanthropique québécoise qui a pour mission de prévenir la pauvreté. Source d’information fiable et validée scientifiquement, Naître et grandir a pour mission de soutenir quotidiennement les parents québécois dans leur rôle auprès de leur enfant, dès la conception jusqu’à 8 ans. Naître et grandir n’a aucun objectif lucratif ni attache commerciale et ne diffuse aucune publicité. Naître et grandir s’engage à une indépendance absolue en ce qui a trait à son contenu.
Voir le site
(514) 419-4736
CooPERE Rosemont accueille des pères d'horizons sociaux, ethniques ou religieux sans distinction et dans un esprit de mixité sociale. Les papas viennent développer leurs habiletés parentales, rencontrer d’autres hommes qui partagent leur réalité, chercher des solutions lors de problématiques conjugales ou approfondir leurs notions en coparentalité.
Voir le site
(450) 646-9273
L'atelier BCALMEN'S rassemble des jeunes hommes de la Boîte à lettres et du Bureau de consultation jeunesse qui échangent ensemble sur le sujet de la construction de l'identité masculine en 2016. Ils visent à créer une nouvelle définition de ce qu'est un homme aujourd'hui, soit l'homme 2.0 (H20).
Voir le site
Fondé en 1997, le Regroupement pour la Valorisation de la Paternité (RVP) regroupe près de 250 organismes et individus issus des 17 régions du Québec. Il a pour mission de valoriser le rôle des pères et de promouvoir leur importance dans la famille et dans la société pour le développement et le bien-être des enfants et, ce, dans une perspective d’égalité entre les parents.
Voir le site
Salut, moi c’est Jeff: blogueur, père de quatre cool kids et fondateur de la Cool Dad Race. Ça l’air que j’écris des articles sur ma vie de famille et sur mon quotidien farfelu de père. Ah oui, je gère aussi la plus grosse communauté de papas au Québec. Viens jaser avec nous dans la Ligue des Cool Dad.
Voir le site

L'amour

Témoignage
Beau-papa : Offre d’emploi

L’amour pour une maman monoparentale, ça goûte parfois la sauce aigre-douce des « Joyeux festins » du McDo, dont le jouet barbant se retrouve souvent en mille morceaux avant même qu’on ait eu le temps de jouer avec. Et le jouet ici, symbolise souvent les hommes que l’on rencontre et qui se sauvent dès qu’ils apprennent que l’on s’est reproduites dans le passé. D’autre pensent que nous sommes désespérées au point d’accepter n’importe quoi sans broncher. Tandis que certains, ceux pour qui les mots engagement et vie de famille riment avec urticaire, pensent avoir trouvé la perle rare dont ils auront qu’à s’occuper qu’une semaine sur deux. En fait, le défi est de trouver des potentiels amoureux de qualité, mais qui sauront aussi se qualifier comme compétents pour le bonheur de ce à quoi tu tiens le plus, tes petits humains. À moins que ton objectif soit le même que celui du mec qui fait de l’urticaire, dans ce cas, le « Joyeux festin », ce n’est pas bon pour la santé, mais ça peut rendre heureuses certaines.

Tu sais, déjà que de trouver l’amour en 2018 est aussi complexe que de monter un lit Ikea sans plan et avec qu’une Alan key, si tu as des enfants, ça restreint encore plus ton bassin de candidats. Fini la pourvoirie de la vingtaine! Au diable tes quatre anciens critères de sélection du personnel pour le poste d’amoureux-à-contrat-en-voie-de-permanence.

  • 1-Être beau.
  • 2- Être drôle.
  • 3- Être fin.
  • 4- (Ou dans mon cas) Jouer dans un band.

Devenus désuets, une foule de nouveaux critères s’ajoutent alors à l’offre d’emploi. Tel que la capacité à garder son calme s’il advenait à piler sur un lego à 3am. La capacité de conserver une érection plus de 10 minutes suite à un coïte interrompu par un « Maman, je pense que j’ai fait caca! », bien senti au milieu de la nuit. Capable de s’adapter à ne plus avoir une voiture propre. Pouvoir parfois gérer un ex qui est aussi agréable qu’un cor au pied durant que tu fais Compostelle. Être en mesure d’aimer sans mesure des mini humains ne provenant pas de sa virilité. Pouvoir garder le sourire après le 8e visionnement de Moana. Être heureux de faire la file au Village du Père Noël, alors que ses amis sont au Beach Club. Être en mesure de se déguiser en Spider Man ou en princesse le samedi matin à 7h00.

Il doit aussi être en mesure de s’impliquer sans froisser. De faire de la discipline sans punir. De trouver belle son amoureuse, même lorsqu’elle sera cernée dans son linge mou préféré. Il doit être en mesure d’accepter de ne jamais être le premier. De s’intégrer dans une famille nucléaire qui a explosé. De changer sa vie de célibataire endurci. Lors de conflits, de ravaler un « tu n’es pas mon père », sans grogner.

S’il arrive à remplir son mandat, le candidat recevra plus d’amour que jamais il ne pourra l’imaginer. Qu’au retour avec son petit-à-dos, celui qui passe avant lui dans sa nouvelle vie l’étreindra en clamant « Je me suis ennuyé de toi ». Qu’à ce moment, un torticolis dans sa gorge serrée, il trouvera un sens aux grasses matinées écourtées.

Développer un lien avec un humain qu’on n’a pas créé, l’aimer sans compter et choisir de jouer un rôle dans sa vie est une responsabilité colossale. Seuls les humains avec un haut potentiel d’humanité peuvent y arriver. Une maman célibataire, c’est courageux. C’est sensible. C’est parfois blessé. Une maman célibataire, c’est une femme dont la confiance s’est souvent retrouvée aux objets perdus. Ceux qui les choisissent et les traitent avec respect, sont indubitablement des humains magnifiques. Pour les autres, vous êtes priés de vous diriger vers le McDo près de chez vous.

L'adoption et autres choix

Témoignage
Accompagner son ado vivant une grossesse imprévue

Cette épreuve vient avec son lot d’émotion tant pour les parents, mais aussi pour l’adolescent(e) qui vit une grossesse imprévue. C’est pourquoi se tourner vers les ressources d’accompagnements devient souvent essentielles. L’adolescent(e) a plus que jamais besoin de soutien et de se sentir respecté face à son choix.

L’accompagner mais comment …

Lors de l’annonce d’une grossesse imprévue chez notre adolescent(e), les réactions peuvent être multiples. Elles peuvent s’étendre de la joie à la tristesse, de la déception à la culpabilité, de la honte à la colère et bien encore. Ces émotions sont très souvent le reflet d’inquiétudes face à l’avenir de notre enfant. Selon mon expérience clinique, il est possible d’observer que l’accompagnement ce fait principalement auprès de l’adolescente. Cependant, il demeure important de considérer le jeune adolescent.

Ce qu’il faut savoir, c’est qu’il n’y a pas de mode d’emploi sur la façon de réagir. Par contre, certaines recommandations peuvent nous aider à guider notre adolescent(e). Le parent peut accompagner et soutenir son adolescent(e) dans le processus de réflexion, face à la décision et dans le après. Tout d’abord, il demeure important d’identifier ce qui nous habite comme parent (émotions, craintes, appréhensions). Ensuite, il faut être à l’écoute et favoriser la discussion avec notre adolescent(e) afin de mieux comprendre comment il se sent et de voir quelles sont ses intentions et ses réflexions face à la grossesse imprévue. Dans un monde idéal, un accueil sans jugement et empreint d’empathie serait de mise. Comme parents cela peut toutefois être difficile.

Tous comme le parent, l’adolescent(e) vivra lui aussi une bonne dose d’émotion. Certains ressentiront des émotions agréables, mais une grande majorité des adolescents(es) ressentiront des émotions plus douloureuses telles la honte, la peur, la confusion ou le déni. L’adolescent(e) aura un choix à faire soit celui de la parentalité, de l’interruption volontaire de grossesse ou bien de l’adoption. Il est alors primordial d’être informé sur ce qu’implique chacune de ces options afin de faire un choix éclairé. Plusieurs aspects pourront influencer son choix: la culture, les croyances religieuses, le facteur transgénérationnel, l’âge et bien d’autres. Ce qui est important à retenir, c’est que chacune de ces options demeure un choix difficile et est très souvent marqué par l’ambivalence.

Vers qui se tourner …

Les organismes nommés ci-dessous ne sont que quelques exemples des services existants. Tout d’abord, il y a des accompagnements de type individuel pouvant être fait auprès d’un sexologue ou d’un travailleur social. Grossesse secours, S.O.S Grossesse Estrie sont des exemples d’organismes offrant entre autres une ligne d’écoute et de l’accompagnement dans le processus de réflexion quant aux options existantes et ce, tant pour les femmes que les hommes. Lorsque l’adoption est l’option retenue, les intervenants de la Direction de la protection de la jeunesse offriront un soutien quant à la réflexion et des informations sur les procédures. Pour une interruption de grossesse, l’adolescente peut se tourner vers les cliniques d’avortement (Centres hospitaliers, CLSC, Cliniques privées, Centres de santé des femmes). Il est possible d’avoir accès à un répertoire sur internet: http://www.fqpn.qc.ca. Pour ce qui est de choisir la parentalité, il existe des milieux d’hébergement qui accompagnent de façon individuelle et personnalisée les jeunes mères monoparentales telles les Appartements supervisés Augustine-Gonzalez (15 à 22 ans), Mère et Monde (16 à 30 ans) et Jeunes mères en action (moins de 30 ans). Le suivi médical, qui demeure un aspect important, se fera très souvent auprès de l’équipe multidisciplinaire du CLSC et quant à la poursuite de la grossesse certains endroits sont spécialisés tels la Clinique de grossesse à l’adolescence du CHU de Ste-Justine.

Le fait de tenter de convaincre, de mettre de la pression et de s’opposer à la décision de son enfant peut rendre pénible, voir même traumatique le choix que l’adolescent(e) fera. Ceci dit, que le parent soit en accord ou en désaccord, il est recommandé qu’il puisse bénéficier d’un accompagnement vers des ressources spécialisées. Cela permet entre autres de briser l’isolement, d’avoir un espace objectif pour mener à bien une réflexion et d’être informé adéquatement face aux options et leurs répercussions.

Jacinthe Lavoie
Coordonnatrice clinique
Appartements supervisés
Augustine-Gonzalez et
Sexologue, psychothérapeute
Clinique Accès-Sexologie

Ressources
(450) 465-2584, poste 224
L’Envol est un organisme qui vient en aide et accompagne les jeunes mères et leurs enfants en leur offrant des programmes et des services gratuits, sur une base volontaire.
Voir le site
(514) 866-3721
Fondée en 1972, la Fédération du Québec pour le planning des naissances (FQPN) est un regroupement féministe de défense des droits et d’éducation populaire en matière de santé sexuelle et reproductive. La FQPN regroupe des groupes locaux, régionaux et nationaux ainsi que des membres individuel.le.s. Son mandat est de sensibiliser, d’informer et d’encourager la réflexion critique en santé sexuelle et reproductive et de promouvoir le libre-choix face dans une perspective de justice sociale.
Voir le site

La garde partagée et le droits des pères

Témoignage
La reconnaissance des pères séparés

L’image voulant que les mères obtiennent souvent la garde exclusive des enfants est encore forte dans notre société. Quant est-il vraiment ? Les pères sont-ils traités sous le même pied d’égalité ? Comme nous le verrons, bien que la situation s’améliore, il y a encore du chemin à faire.

En théorie, le jugement de la Cour doit être basé sur l’intérêt de l’enfant. À plusieurs reprises, la Cour est venue affirmer que les tribunaux ne devaient pas privilégier une forme de garde particulière, mais plutôt s’adapter à chacune des situations spécifiques.

À cela s'ajoute le fait que la Cour doit veiller à maximiser les contacts entre l’enfant et ses parents.

Finalement, La Cour doit aussi tenir compte des facteurs comme l’âge de l’enfant, la stabilité des milieux, la disponibilité de chaque parent, la présence de frères et sœurs, etc.

Or, dans la pratique, il n’est pas courant qu’un débat concernant la garde commence en se disant, nous devrions privilégier la garde partagée. Vous l’aurez deviné, il arrive trop souvent qu’un parent demande la garde exclusive et qu’on offre à l’autre parent, bien souvent le père, des droits d’accès limités.

Bien qu’il n’ait pas beaucoup de statistiques claires et précises sur le sujet, on observe un vent de changement où les pères se mobilisent et demandent la garde partagée, même lorsque l’enfant est en bas âge (moins de 2 ans).

Toutefois, cette augmentation n'est pas si importante que l'on pourrait le croire. Ainsi, selon une étude de Justice Canada , le taux de garde partagée est passé de 9% à 13% de 1994 à 1998.

Selon une autre étude, les pères vivant seuls avec un enfant mineur représentent 2.2% des 2 121 610 de familles recensées lors de l'étude.

Aussi, cette étude nous informe qu'entre 2008 et en 2009 : « une analyse des demandes concernant la garde des enfants devant les Cour a permi de faire ressortir que dans 67 à 68 % des cas, les jugements accordent la garde exclusive des enfants à la mère, tandis que la garde partagée entre les conjoints survient dans un cas sur cinq (21-22 %). La garde exclusive attribuée au père ne représente encore que 4,4 % des cas ».

Bien que cette étude date de quelques années, on observe en pratique que malgré l’augmentation des gardes partagées, l’égalité entre les pères et les mères est loin d’être atteinte.

À notre avis, trop souvent on demande au père de faire leurs preuves alors qu’ils n’ont que des droits d’accès limités à leurs enfants. Ils doivent donc jongler avec la séparation, le deuil amoureux, le deuil de la famille, la source de stress et de frustrations que cela peut occasionner, et les frais rattachés à tout le processus judiciaire.

Il faut garder en tête que la garde partagée est donc possible, mais le chemin est souvent plus long lorsqu’il n’y a pas entente.

Souhaitons que les années à venir permettent une ouverture encore plus grande de la garde partagée afin que l’on donne dès le début la place au père. Ultimement, cela permettra de réduire tous les désagréments occasionnés par une séparation.

En terminant, rappelons que la mise en place de solutions alternatives de règlement, comme la médiation, permet de régler plusieurs cas. D'autant plus qu'il existe maintenant une banque d'heures gratuites pour permettre au couple de tenter une négociation. En effet, on parle généralement d’environ 80% des litiges en familial qui se règlent avant un procès.

Pour le 20% restant, nous préconisons qu'un père désirant défendre les droits de son enfant pour obtenir une garde partagée doit impérativement s'entourer de support professionnel et personnel. Toutes les sources de support et d'aide seront nécessaires afin de passer au travers de la dure période qu’est une demande de garde partagée.

Me Wolfgang Mercier-Giguère

Mercier Giguère avocat

 

 

Infos

Saviez vous qu’environ 80 % des litiges en matière familiale se règlent par la médiation ou la négociation ?

Saviez-vous qu’il existe une programme au Québec permettant aux parents de bénéficier de 5 heures gratuites auprès d’un médiateur reconnu dans le cas d’une premier dossier et de 2.5 heures dans le cas d’une révision d’un jugement ?

Saviez-vous que les tribunaux décident la garde d’un enfant en fonction, notamment de l’intérêt de celui-ci ?

Saviez-vous que selon les circonstance et sa maturité, la volonté d’un enfant d’environ 12 ou 13 ans peut faire la différence dans l’établissement d’une garde?

Saviez-vous qu’il est possible de demander qu’un expert évalue la situation des parents et de l’enfant dans le cadre d’un litige ?

Saviez-vous qu’une fois jugement rendu, il faut un changement significatif ou de nouveaux faits pour modifier celui-ci ?

Saviez-vous qu’il n’y a aucune forme de garde – garde partagée, garde exclusive, garde avec des droits d’accès prolongés qui est privilégiée? – En effet, chaque situation est unique.

Saviez-vous que la meilleure façon d’agir dans le cadre de procès est de baser ses actions sur l’intérêt de l’enfant plutôt que l’intérêt de sa personne?

Saviez-vous que même si vous n’avez pas la garde partagée, l’autre parent doit quand même vous consulter pour toute décision entourant les choix dans la vie de l’enfant (santé, école, etc)?

Ressources
(514) 812-9465
Le Réseau pour un Québec Famille est un organisme à but non lucratif regroupant des organismes nationaux soucieux de la situation des familles québécoises et provenant des secteurs suivants: communautaire, municipal, éducation, santé et services sociaux, syndical.
Voir le site
(514) 381-3511
RePère est un organisme communautaire à but non lucratif ayant pour mission de favoriser le développement des compétences paternelles en offrant aux pères les outils nécessaires pour créer et maintenir de bonnes relations avec leurs enfants.
Voir le site
(514) 254-6120
Nous sommes un organisme sans but lucratif de référence reconnu par les pères séparés et les hommes dans le contexte de la transition familiale. Nous favorisons le bien-être et la santé des pères et leur engagement auprès des enfants et de la communauté.
Voir le site