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Environnement
Par François Tremblay | Jeudi 26 août 2010

Pièces automobiles recyclées et gaz de schiste

   

Pièces automobiles recyclées et gaz de schiste

Une deuxième vie pour les pièces automobiles

Il existe une alternative à l’achat de pièces neuves pour votre véhicule. En effet, il existe plus de 436 recycleurs de pièces automobiles à l’échelle de la province, dont 88 sont membres de l’Association des recycleurs de pièces d’autos et de camions du Québec (ARPAQ), qui offrent l’alternative de se procurer des pièces recyclées. Les avantages de telles pièces sont multiples. Tout d’abord, ce sont des pièces d’origine, ayant été inspectées et offrant une garantie de qualité. Leur coût d’acquisition est aussi moitié moins élevé que celui de pièces neuves. Mais surtout, elles permettent de détourner de l’enfouissement des pièces en parfait état de fonctionnement, tout en évitant le prélèvement supplémentaire de minéraux dans le but de fabriquer de nouvelles pièces, qui devront être par la suite transportées sur de longues distances pour arriver jusqu’à nous.

Chez Pièces automobiles Lecavalier, ainsi que chez les recycleurs membres de l’ARPAQ, le souci environnemental s’exprime par plusieurs autres actions concrètes, en conformité avec le Guide de bonnes pratiques sur la gestion des véhicules hors d’usage, publié par le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs du Québec. Parmi ces actions, on note la gestion des liquides polluants, tels les huiles usées, l’essence, l’antigel et le lave-vitre. La gestion des sous-produits de production est aussi prise en charge par ces recycleurs, tels l’acier, l’aluminium, les interrupteurs au mercure, les plombs, les pneus et les batteries.

Pièces automobiles Lecavalier s’est même associé à une écodesigner, Isabelle Bérubé de Bagnole, qui valorise et récupère les bancs de cuir, les ceintures de sécurité et les coussins gonflables afin de les transformer en différents types de sacs. Ces pièces ne sont habituellement pas récupérées et se retrouvent dans les centres d’enfouissement. Grâce à cette association et à la créativité de cette artiste, il est possible de se procurer des sacs uniques et écologiques fabriqués à partir de 95 % de matières recyclées provenant de véhicules en fin de vie utile.

Les sacs Bagnole sont en vente chez :
Galerie ZoneOrange à Montréal, 410 Saint Pierre, www.galeriezoneorange.com Boutique Rose Bon Bon à Chicoutimi, 1401 boulevard Talbot, place du royaume

Pour informations :
http://arpac.org
www.lecavalier.com
http://www.mddep.gouv.qc.ca/matieres/mat_res/vehicules/GuideVeh.pdf
http://www.bagnole.ca


Les gaz de schiste

Le sous-sol de la Rive-Sud du Saint-Laurent, entre Québec et Montréal près de la zone frontale des Appalaches, renferme une formation rocheuse qui fait de plus en plus parler d’elle. Il s’agit de schistes du groupe d’Utica, une roche qui a pour particularité d'avoir un aspect feuilleté, et de se débiter en plaques fines ou « feuillet rocheux ». Mais voilà que des forages ont montré que ces roches, situées à des profondeurs allant de 1 à 3 kilomètres, renfermaient du méthane.

Cependant, l’extraction de ce gaz naturel est complexe, puisque ce dernier n’est pas présent en grande quantité dans des poches de gaz en surface, comme c’est le cas pour le gaz « conventionnel », mais bien dissimulé à l’intérieur des feuillets de cette roche, qui est plus dure que du ciment de trottoir. Ainsi, le prélèvement de ce gaz doit passer par le forage d’un puits vertical de 1 à 2 kilomètres, qui par la suite se courbe pour adopter un forage horizontal, qui va suivre la formation rocheuse sur plusieurs centaines de mètres, voire 3 kilomètres ou davantage. Par la suite, des explosifs sont positionnés dans la portion horizontale du puits afin de fractionner la roche. Une fois la roche fractionnée, une dizaine de millions de litres d’eau contenant du sable et une fraction (0,5 à 0,6 %) de produits chimiques sont injectés à forte pression dans le puits depuis la surface afin d’aller déloger les molécules de gaz emprisonnées dans la roche. Finalement, les molécules de gaz remontent à la surface dans ce mélange de boue, où elles pourront être séparées de l’eau puis acheminées à un gazoduc. L’eau qui remonte à la surface (moins de la moitié de la quantité initiale) doit ensuite être décantée puis traitée avant d’être utilisée à nouveau dans de nouvelles fracturations. Chaque puits peut nécessiter de 8 à 12 fracturations, multipliant ainsi la quantité d’eau, de sable et d’additifs chimiques, et ce processus peut être répété à plusieurs reprises à partir d’une même plate-forme, afin de couvrir le maximum de superficie à partir d’un même point central.

Toutefois, plusieurs groupes s’opposent à cette exploitation, notamment pour des craintes reliées aux impacts potentiels sur l'eau. Comme chaque forage utilise des dizaines de millions de litres d’eau, dont plus de la moitié est vouée à être « perdue » dans les profondeurs de la terre pour ne jamais être réutilisée. Puis il y a les dangers : explosions, déversements accidentels, fuites de gaz, contamination des eaux souterraines, etc. La rapidité avec laquelle le territoire québécois a été morcelé et redistribué à une vingtaine de compagnies pétrolières et gazières fait craindre à une privatisation rapide de nos ressources naturelles et de l’énergie. Finalement, le manque d’études d’impact environnemental et le peu de connaissance des particularités du sous-sol québécois dans la région ciblée laissent présager une certaine incertitude quant à la sécurité de l’opération.

C'est cet automne que le gouvernement québécois prévoit déposer un projet de loi pour encadrer l'exploration et l'exploitation dans la province de ce gaz. Il y aura des rencontres régionales et une commission parlementaire pour l'adoption d'une première loi québécoise sur les hydrocarbures. Déjà, il y a eu une quinzaine de forages dans la région des basses terres du Saint-Laurent.

Bref, c’est un dossier complexe qui suscite une controverse indéniable. Pour informations :

Visuel d’un forage : http://www.questerre.com/fr/shale-gas-backgrounder-french/?gclid=CMPczMTq0qMCFZxo5Qod9QMmug
http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/opinions/points-de-vue/201008/20/01-4308405-le-gaz-de-schiste-au-quebec-mythes-et-mystification-vers-un-nouveau-far-ouest.php
http://www.ledevoir.com/economie/actualites-economiques/294387/gaz-de-schistes-premiers-puits-en-sol-quebecois-en-2011
http://www.gaiapresse.ca/fr/analyses/index.php?id=170
http://mobilisationgazdeschiste.blogspot.com/

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