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Famille
Samedi 25 février 2012

L'estime de soi

   

Ce que nous désirons tous le plus pour nos enfants c'est évidemment qu'ils soient heureux. L'estime de soi étant un des fondements de la motivation et un moteur de réussite, il importe de tenter dès leur plus jeune âge d'aider nos enfants à développer une conscience de leur valeur personnelle. Les personnes dotées d'une bonne estime personnelle réussissent mieux à l'école, sont moins enclin au décrochage scolaire, ont moins de troubles de comportement et souffrent moins de dépression. Toutefois, l'estime de soi est fragile et sera variable tout au long de notre vie et teintée de nos réussites comme de nos échecs. Nous aimons nos enfants et le leur rappelons souvent bien sûr, mais que faire de plus pour les aider à développer un solide amour propre?

QU'EST-CE QUE L'ESTIME DE SOI?

L'estime de soi c'est la conviction que nous sommes une bonne personne, digne d'amour et de considération. C'est s'accorder à soi-même de la valeur et s'aimer malgré nos qualités et nos défauts. C'est avoir, de façon générale une bonne opinion de soi-même tout en acceptant nos imperfections. Les enfants diront, de façon plus concrète, qu'ils sont fiers d'eux ou de certaines de leurs actions. Cet amour propre est aussi un proche cousin de la confiance en soi, cette attitude intérieure qui nous motive et nous pousse à l'effort parce qu'on croit qu'on peut réussir.

COMMENT SE DÉVELOPPE L'ESTIME DE SOI? (vox pop)

Bien que les compliments et le regard confiant des adultes significatifs jouent un rôle déterminant dans le développement d'une image positive personnelle de l'enfant, ce sont souvent l'accumulation des réussites et des petites fiertés qui convaincront graduellement l'enfant de sa valeur. Chaque réussite laisse une empreinte émotive agréable chez l'enfant et lui renvoie la perception qu'il sera capable de réussir à nouveau, le motivant un peu plus à fournir les efforts qui le mèneront invariablement vers de nouveaux succès.

POURQUOI EST-CE SI IMPORTANT?

Les gens qui ont une bonne opinion d'eux-mêmes sont généralement plus souriants et plus heureux que les autres. Ils réussissent davantage au travail comme à l'école, choisiront un métier qui leur convient plutôt que de se contenter d'un boulot médiocre, feront des choix plus judicieux quant à leurs amitiés et leur relations amoureuses. Ils sauront aussi davantage rebondir lors des échecs et difficultés inévitables.

QUE FAIRE POUR NOURRIR L'ESTIME DES ENFANTS?

Lui prodiguer régulièrement des compliments sincères qui viennent du cœur. Dans certains cas, on pourra mettre en place un système de motivation de façon à accorder davantage d'attention à ses bons coups qu'aux comportements indésirables.

v Faire avec lui un coffre aux trésors ou un cahier des réussites : Placer, dans un album ou un coffre, toutes les « preuves » de ses réussites : Un examen bien réussi, un bricolage génial, une photo d'un exploit sportif, un petit mot écrit de votre main qui le remercie d'un service rendu, une carte d'anniversaire de la part d'un ami qui lui dit combien il l'apprécie, etc.

Évitez de le réprimander en public. Parlez de lui positivement aux autres adultes même en son absence.Cessez de relever chacune de ses erreurs et de multiplier les reproches et les mesures punitives. Choisissez vos batailles et remettez à plus tard certains apprentissages. Évitez de le culpabiliser; « Tu vas me rendre malade! », « Tu as gâché nos vacances! », « Tu es méchant! », « Tu fais toujours exprès de faire pleurer ton frère! C'est cruel! », « Tu es menteur! On ne peut pas te faire confiance. », « Fais-donc attention pour une fois! Chaque fois qu'on te donne quelque chose tu le brise! Tu ne fais attention à rien! ».Lorsqu'il se conduit mal, parler de son comportement comme des « erreurs », des « oublis », ou des choses qu'il n'a pas encore appris, plutôt que de lui refléter que ce sont des marques de méchanceté de sa part. Ex : « Je crois que tu ne réalises pas l'impact des mots que tu dis quand tu es fâché, je sais que tu ne veux pas vraiment me faire de la peine, mais ce sont des paroles blessantes. », « Ouf! Dure journée hein? Demain, je suis certain que tu vas te reprendre! » Lui faire confiance et lui induire qu'on SAIT qu'il va s'améliorer. Évitez les surnoms moqueurs : girouette, tornade, Pierrot la lune, miss caprice, etc.Faites-lui confiance et dites-le lui :

♦ Après une erreur : « Je sais que tu as compris et que la prochaine fois tu vas faire plus attention ».

♦ Avant de partir au parc : « Je te fais confiance, je sais que tu vas bien te conduire ».

♦ Face au choix de ses amis : « J'ai confiance en ton jugement, tu sais choisir les amis qui sont respectueux et gentils ».

Évitez les menaces ou les provocations : « Si tu ne m'obéis pas tout de suite, tu vas voir ce qui va t'arriver! », « Si tu fais ça, je te jure que tu vas le regretter! ».Ne cherchez pas à le prendre en défaut; « Est-ce que ça s'est bien passé chez Julien? Tu es sûr? » (alors que vous savez très bien qu'il a eu une grosse dispute). Vous lui ouvrez tout grand la porte à mentir. Dites-lui plutôt directement que vous savez que ça ne s'est pas bien passé.Avouez vos propres erreurs la tête haute, ça ne le poussera pas à faire les mêmes et ne diminuera pas le respect qu'il vous porte. Il apprendra plutôt à se montrer indulgent envers lui-même et les autres. Rappelez-lui régulièrement combien vous l'aimez, combien vous l'admirez et êtes heureux de l'avoir pour enfant. Dites-lui : « Si j'avais une autre chance et pouvait choisir moi-même un enfant parmi tous ceux qui sont sur terre, c'est toi que je choisirais... »

AU SECOURS IL DIT QU'IL EST NUL!

Pas de panique! L'estime de soi est fragile et fluctuante au cours de la vie. Le rejet d'un pair, une série de revers ou une période difficile peuvent vite venir influer sur l'estime personnelle. Une erreur courante des parents est d'accorder une attention démesurée à ces verbalisations négatives. L'attention et l'amour ainsi reçues au moment où il se déprécie pourraient inciter l'enfant à reproduire de plus en plus fréquemment ce type de discours. La meilleure réaction est simplement l'accueil et l'empathie du parent : « Ha oui? Tu te trouves nul? Qu'est-ce qui te fait penser ça? N'es-tu pas simplement déçu de toi aujourd'hui? », « Hum... Tu es nul ou tu es fâché contre toi-même? »

Toutefois, si ces verbalisations persistent pendant plusieurs mois et s'accompagnent d'une attitude défaitiste et d'une humeur de plus en plus maussade, il peut être pertinent de consulter un intervenant pour enfant afin de voir à mettre en place des stratégies lui permettant de revenir à une meilleure perception de lui-même.

Nancy Doyon,

Coach familial,

Auteur, conférencière.

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