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Santé
Par Isabelle Baril | Samedi 11 février 2012

Les ulcères et la dysménorrhée

   

En période hivernale où stress et fatigue sont ressentis chez beaucoup d'entre nous, les consultations en pharmacie sont fréquentes pour les «aphtes buccaux» qui sont le véritable terme médical qui réfère aux ulcères présents dans la bouche. On estime que 20 % de la population en est affectée de façon répétitive. Ces petites lésions rondes ou ovales sont souvent recouvertes d'une petite couche blanche/jaunâtre et on remarque de l'irritation autour de celles-ci. La douleur engendrée par les ulcères peut créer une gêne lorsqu'on mange ou déglutie. En pharmacie, sans consultation, on peut traiter la forme mineure seulement, lorsqu'il y a présence de une à cinq lésions, de diamètre inférieur à un cm, qui guériront spontanément en une à deux semaines de façon générale. Évidemment, lorsque les lésions sont plus grandes et prennent plus de deux semaines à guérir, il s'agit d'une forme majeure, de même que si l'on observe la présence de mini-ulcères regroupés, il peut s'agir d'une présentation herpétiforme où une consultation est nécessaire.

A part le stress et la fatigue, comme dans plusieurs autres pathologies, on ne connait pas les causes exactes de la récurrence. On a pour autres hypothèses les facteurs suivants : blessure locale, changements hormonaux, antécédents familiaux d'ulcères, allergies alimentaires ou aux agents de conservation. Pour certains patients, la médication peut être en cause : anti-inflammatoires, bêta-bloqueurs, anti-néoplasiques et plusieurs autres. Si vous avez des aphtes buccaux de façon répétitive, vérifiez avec votre pharmacien si la médication peut être responsable du problème. De même, la communauté scientifique n'est pas unanime sur le fait que des déficiences en vitamines, surtout la B12, pourrait être associée à une récidive des ulcères buccaux.

Traitement des aphtes buccaux :

Dans la majorité des cas, les ulcères se résorberont seuls ou pourront être très bien soulagés avec des produits en vente libre à la pharmacie comme une pommade protectrice de type Orabase car les émollients contenus dans celle-ci peuvent protéger les lésions. On assèche bien la lésion au préalable et on attend une demi-heure ensuite avant de manger ou boire. L'Orabase est préférable aux pommades analgésiques qui contiennent un anesthésique comme la benzocaine car cet ingrédient, bien qu'il soulage temporairement, peut parfois irriter la muqueuse.

-On peut rincer la bouche avec un gargarisme comme Peroxyl (à base de peroxyde d'hydrogène) ou se préparer une solution maison : (250ml d'eau, une cuil. à thé de sel et une cuil. à thé de bicarbonate de soude). Par contre, contrairement à la croyance populaire, les gargarismes d'eau salée peuvent parfois être un irritant pour les muqueuses sans grande efficacité.

-Le traitement le plus efficace, lorsque les lésions sont très douloureuses, est le Kenalog Orabase/Oracort, un produit à base de corticostéroïde dans une pâte, qui peut être appliqué de façon locale pour justement atténuer la douleur et faire en sorte que les lésions durent un peu moins longtemps. Ce médicament nécessite une ordonnance médicale de votre dentiste ou médecin. Ceux-ci peuvent également prescrire un rince-bouche médicamenteux qui sera préparé par le pharmacien.

-Il faut noter que l'Amosan, un produit qui était souvent utilisé par les patients, n'est plus disponible sur le marché présentement.

-Lorsque la douleur est importante, l'emploi d'acétaminophène peut être envisagé.

Sans vouloir inquiéter les gens, lorsque les ulcères sont très répétitifs et assez imposants, la consultation médicale est fortement recommandée afin de vérifier si des carences sont présentes et aussi pour exclure le risque d'un problème plus grave comme des maladies inflammatoires de l'intestin.

Traiter la dysménorrhée...

Les douleurs reliées aux menstruations touchent plus de 75% des femmes à des degrés divers. Les menstruations sont souvent douloureuses à la fin de l'adolescence et au cours des années qui précèdent la ménopause, car il s'agit de périodes de changements hormonaux. L'intensité des crampes peut parfois nuire aux activités quotidiennes et rappelons que certaines femmes ont aussi des symptômes globaux associés comme mal de tête, douleurs lombaires, nausées, etc.

Comment savoir si les douleurs sont normales ou si l'on doit consulter un médecin?

On parle de dysménorrhée primaire lorsqu'il n'y a pas d'autres causes que les menstruations et c'est de ce type de douleurs que nous parlerons aujourd'hui et qui n'ont généralement pas de conséquences graves sur la santé. Par contre, il existe également la dysménorrhée secondaire, soit liée à une maladie pelvienne comme l'endométriose où l'on doit consulter son médecin. Certains signes peuvent nous mettre la puce à l'oreille. Premièrement, lorsque les douleurs sont anormalement intenses et persistent après les saignements. Également, quand chez des femmes ayant des menstruations depuis plusieurs années, les crampes s'intensifient ou s'accompagnent de saignements surabondants ou intermenstruels inhabituels.

Les causes de la douleur :

Lorsque dans un cycle menstruel il n'y a pas eu de fécondation d'ovule et donc absence de grossesse, les ovaires de la femme arrêtent subitement de produire des hormones ce qui déclenchent les contractions de l'utérus. C'est le phénomène des menstruations où le corps expulse ce dont il n'a pas besoin étant donné qu'il n'y aura pas de grossesse. Chez certaines femmes, le corps produit trop de prostaglandines ce qui fait que l'utérus se contracte de façon plus intense et crée de la douleur. Les prostaglandines sont des substances qui agissent ailleurs sur le corps ce qui explique les autres symptômes douloureux comme mal de tête et de dos etc.

Le traitement des douleurs en pharmacie :

Il n'est pas surprenant que puisque les prostaglandines sont à l'origine des douleurs menstruelles, on choisisse un médicament qui agisse justement sur celles-ci comme les anti-inflammatoires. On peut évidemment utiliser l'ibuprofène (Advil/Motrin) à raison de 400mg 3 à 4 fois par jour. Vous pouvez aussi demander, après consultation avec le pharmacien, du naproxen sodique (Aleve) dont la dose est de 1 comprimé aux 8 à 12 heures. Bien que l'aspirine ait une action anti-inflammatoire à dosage élevé, il ne faut pas oublier que cela est contre-indiqué chez les adolescentes de moins de 18 ans en raison du risque rare mais possible de syndrome de Reye.

L'acétaminophène, n'ayant pas d'action anti-inflammatoire, est très peu efficace de même que les Midol qui sont une combinaison d'acétaminophène et d'un autre ingrédient, le pamabron, qui serait supposé diminuer la rétention d' eau...

Quelques études sur la vitamine B6 (prise de 100mg par jour) laissent présager une efficacité pour les douleurs menstruelles chez certaines patientes. Par contre, la société des obstétriciens-gynécologues ne le recommande pas nécessairement d'emblée puis que d'autres études seront nécessaires pour confirmer le tout. C'est le cas aussi pour les produits naturels comme les oméga-3 et l'huile de krill...

En cas de douleur importante ou persistante, consulter son médecin peut s'avérer une bonne option afin de réduire les douleurs à long terme. Prendre la pilule contraceptive, surtout en continu, peut s'avérer une option très efficace! Le Depo-Provera (injection) et le Mirena (stérilet libérant des hormones locales) sont aussi des choix envisageables puisque ces deux médicaments finissent dans la plupart des cas à stopper complètement les menstruations, ce qui n'est nullement dangereux pour la santé.

Référence : A votre service sans ordonnance, Le traitement de la dysménorrhée,

Québec Pharmacie vol. 58 n° 4 juillet - août 2011

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