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Santé
Par Isabelle Baril | Samedi 26 mai 2012

Protection solaire

   

Même si cela est un fait établi que l'exposition au soleil sans protection peut augmenter le risque de cancer de la peau, en pratique, les gens n'appliquent pas d'emblée de la crème solaire. En effet, les gens n'y penseront souvent que lors de longs moments passés à l'extérieur. Le temps où les crèmes solaires étaient grasses et désagréables à appliquer est également révolu. Voici quelques points qui portent à réfléchir...

Prévenir le photovieillissement :

L'apparence de votre peau dans plusieurs années ne dépendra pas tant de votre hérédité et du montant (souvent élevé) que vous investirez dans une crème antiride, mais plutôt du temps que vous aurez passé au soleil sans protection. En effet, l'exposition au soleil est responsable de 90% du vieillissement de la peau. Comme les effets du soleil sur la peau sont cumulatifs, la peau ne vieillit pas seulement lorsqu'on attrape un coup de soleil. Pour les femmes d'ailleurs, plusieurs marques de crèmes solaires offrent des versions «visage» qui permettent de se maquiller quelques minutes plus tard sans problème et ne sont pas grasses...

Se faire un fond de bronzage est-il protecteur?

Un léger hâle confère un faux sentiment de sécurité face au soleil et entraîne souvent une surexposition au soleil. Même si la peau bronzée rougit moins, cela diminue à peine la pénétration des rayons ultraviolets dans la peau...

Qui sont les plus coupables : UVA ou UVB?

Le photovieillissement de la peau dépend à la fois des rayons UVA et UVB, même si les rayons UVA pénètrent de façon plus profonde dans la peau et vont alors aller causer la dégradation des fibres de collagène et élastiques, ce qui contribue à l'aspect relâché de la peau qui vieillit. Quant aux UVB, ils sont souvent responsables des coups de soleil et leur pic d'intensité est souvent entre 11h et 16h le jour. De même, les deux types de rayons sont impliqués dans le processus de cancer de la peau. C'est pourquoi on ne peut pas se fier seulement au FPS pour le choix d'un écran solaire. En effet, le facteur de protection solaire (FPS) ne se réfère qu'aux rayons UVB, et le fait de doubler le FPS, ne double pas proportionnellement la protection solaire même si elle est augmentée. Un FPS de 30 bloque 97% des UVB par exemple dans des conditions idéales de laboratoire, mais il faut penser que l'humidité, la chaleur et la sudation et la quantité de crème appliquée peuvent en changer l'efficacité. Il faut donc également avoir une protection efficace et à large spectre comme les UVA avec des mots clés comme avobenzone (Parsol 1789), méxoryl SX et XL, et le tinosorb S et M.

Pour se simplifier la vie :

Un bon point de départ est de choisir un produit ayant le logo de l'Association canadienne de dermatologie :

1) FPS minimal de 30

2) Produit à large spectre couvrant les UVA

3) Base non comédogène, non irritante et hypo-allergène

4) Produit très peu ou non parfumé

Lorsqu'on suspecte une dermatite ou réaction à un écran solaire, certains ingrédients peuvent parfois être en cause outre les parfums. Le PABA en est un bon exemple que l'on ne retrouve pratiquement plus en pharmacie, mais portez attention si vous en achetez dans une boutique en voyage. Un ingrédient assez fréquemment retrouvé dans les produits solaires est l'oxybenzone. Il peut parfois être en cause dans des réactions aux produits solaires.

Certaines spécificités des produits :

Certains produits sont bien adaptés pour les peaux grasses et même à tendance acnéique. On n'oublie pas de protéger nos lèvres avec un baume contenant au moins un FPS 30 car cette partie de notre corps, contenant très peu de mélanine, est très fragile. Pour les gens sujets à l'herpès labial, cela constitue une excellente protection car le soleil est un facteur déclencheur des feux sauvages. Le fait de prendre une crème avec FPS 60 est indiqué pour les gens prenant des médicaments pouvant être photo-sensibilisants comme certains antibiotiques, ayant des conditions ou traitements médicaux augmentant la sensibilité au soleil, ou des antécédents de cancer de la peau. Les gens ont parfois un sentiment de fausse sécurité en mettant une crème avec FPS 80 ou 100. Ils n'en mettent que le matin et n'en réappliquent pas, ce qui est nécessaire comme nous le verrons plus tard.

Quelle quantité de crème est-il nécessaire d'appliquer?

Pour une personne de taille moyenne, en maillot de bain, cela nécessite environ 30ml, soit 2 cuillères à soupe. Si l'on passe la journée à l'extérieur et qu'en plus il y a une forte transpiration ou baignade, on recommande d'en appliquer de nouveau au bout de 2 heures. Il ne faut pas oublier aussi que même en l'absence d'activité physique ou de contact avec l'eau, les filtres solaires voient leur structure chimique modifiée en raison de rayons UV. Une petite bouteille de 120ml ne pourrait alors durer qu'une seule journée... On doit idéalement appliquer la lotion solaire 20 à 30 minutes avant d'aller à l'extérieur. Il faut aussi se rappeler qu'une crème solaire a une date d'expiration qu'il convient de respecter surtout si on a lui a fait la dure en la laissant au grand soleil.

À partir de quel âge peut-on utiliser de la crème solaire?

Dès l'âge de 6 mois, on peut sans problème utiliser un écran solaire chez l'enfant. Avant cet âge, l'association canadienne de dermatologie recommande les mesures suivantes (bonnes pour tous!):

1) éviter l'exposition au soleil direct entre 11 et 16 heures (moment où les UVB sont très présents

2) utiliser des vêtements amples de couleur pâle qui reflètent la lumière en n'oubliant pas un chapeau approprié.

3) Utiliser une petite quantité de crème solaire si nécessaire où il est impossible de couvrir par des vêtements, comme certaines parties du visage, mains, cou et oreilles.

La nouvelle position de l'association canadienne de dermatologie est donc qu'il n'y a aucune preuve d'effets nuisibles de l'utilisation de petites quantités d'écran solaire sur la peau des bébés, même si leur peau plus fine absorbe plus facilement les ingrédients chimiques des crèmes. On privilégie par contre l'emploi de vêtements adaptés avec PUV (correspondant à peu près au FPS) qui sont très utiles.

Et les femmes enceintes?

Il faut réellement porter attention à l'exposition au soleil durant la grossesse car il est possible d'avoir des taches que l'on appelle chloasma ou «masque de grossesse» qui sont très inesthétiques. Les écrans solaires sont d'ailleurs sécuritaires...

Je veux être bronzée quand même... :

Si on parle simplement d'effet esthétique, les produits autobronzants se sont grandement améliorés au cours des dernières années et ne donnent plus nécessairement un effet orangé. L'Association canadienne de dermatologie est d'avis que les crèmes autobronzantes sont sans danger. Le principe est seulement une coloration temporaire de la peau si on peut dire, sans dommage aux cellules de la peau. Bien sûr, il importe de choisir un produit non comédogène et de qualité. Par contre, on doit rappeler que ces produits ne protègent pas la peau des effets néfastes du soleil et que les utilisateurs doivent appliquer en plus une protection solaire à moins que le produit ne combine les deux fonctions.

Peut-on manquer de vitamine D en utilisant de la crème solaire?

On le sait, le soleil est le moyen le plus naturel d'obtenir de la vitamine D. Sous l'effet des rayons UV, l'organisme fabrique un certain type vitamine D qui est par la suite transformée par le foie puis transporté aux reins, où elle prendra sa forme active. Or, on peut se demander si l'application de crème solaire bloque cette production naturelle et peut engendrer des carences en vitamine D.

Il y a un vraiment un débat à ce sujet depuis plusieurs années. La position officielle est donc celle qui est la plus sécuritaire : on prend des aliments enrichis ou contenant de la vitamine D comme le lait enrichi, les œufs et certains poissons et on n'hésite pas à demander à notre pharmacien ou médecin si un supplément de vitamine D serait adapté à notre condition. Par exemple, on recommande maintenant à tous les adultes de plus de 50 ans de prendre de la vitamine D, souvent 1000 UI par jour.

Référence : Le médecin du Québec, Les écrans solaires mythes et réalités, volume 46, numéro 10, octobre 2011, Dr Jean-Francois Tremblay

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