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Vendredi 10 février 2012

CE SOIR À J.E.

J.E. se penche sur la prostitution juvénile à Montréal, où les gangs de rue recrutent des adolescentes vulnérables pour les forcer à «danser» et à se prostituer. Certaines sont aussi jeunes que 13 ou 14 ans.

Michel Jean, J.E.

PROSTITUTION JUVÉNILE

Elles seraient de 3000 à 4000 jeunes Québécoises, sous l'emprise de proxénètes, à danser et à se prostituer. D’abord séduites, elles sont souvent traitées comme des esclaves sexuelles. Avez-vous déjà vécu un tel enfer? Racontez-nous.

Invitées :
Caroline Letang, enquêteur de la GRC spécialisé dans la traite de personne

Rose Dufour, fondatrice de la Maison de Marthe
www.maisondemarthe.com

LA TRAITE D’ADOLESCENTES

Considérées comme de la marchandise, les filles peuvent être échangées ou vendues pour 6000$. Il existe d’ailleurs une vraie traite de jeunes Québécoises jusqu’en Ontario. Êtes-vous surpris de voir cela encore en 2012?

Invitée :
Cindy, s’est sortie du milieu de la prostitution



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Commentaires des internautes (12)


1- Ma fille a maintenant 23 ans. Je l'ai sortie du milieu de la prostitution et de la danse. Elle avait été embarquée par un gang de rue. Quand je suis intervenue, elle partait justement pour Niagara Falls, où on lui promettait un beau loft, les vêtements fournis et plein d'argent. Elle a été battue, droguée… Elle s'est fait casser un verre dans le visage, elle s'est fait étrangler… Ils refusaient qu'elle me contacte… J'ai vécu des nuits d'enfer avec tout ça, mais heureusement, j'ai réussi à la sortir de là. Le pire c’est que la police n’a pas pu faire grand chose pour moi… [Manon]



2- Le problème est loin d'être nouveau. Mes expériences remontent à environ 8 ans. J'ai très bien connu le milieu de la prostitution et des gangs de rue. Grâce à mon fort caractère et mon estime de moi-même, j'ai réussi à m'en sortir, mais ce n'est pas facile... Certains "pimps" sont de vrais charmeurs et ils utilisent cet atout pour piéger les filles. Ensuite, ils les habituent à vivre un train de vie luxueux et les manipulent vers la prostitution en leur faisant croire à l'amour, au luxe et à une certaine liberté… Il faut vraiment faire quelque chose pour conscientiser les jeunes filles et la population en général. [Claudia]



3- Je suis intervenante dans les centres jeunesses. Je travaille avec les adolescents. 80% de mes suivis ont un lien avec la prostitution et les gangs de rue. C'est la même chose à chaque fois, la jeune fille tombe amoureuse, elle subit un viol collectif, perd toute confiance en elle, se réfugie dans les bras de son «pimp» et voilà... elle est tombée dans le cycle de la prostitution. Nous pour les protéger on fait quoi? On les place en centre de réadaptation, la meilleure place pour apprendre les rudiments du métier! Il y a même des jeunes filles dans ces centres qui font du recrutement pour leur «pimp»… Notre système ne fait rien pour prévenir la prostitution juvénile. [Caro]



4- Il faut apprendre aux jeunes filles à reconnaître les proxénètes. Ceux-ci ciblent les adolescentes incomprises et pour les faire se sentir spéciales, ils les comblent d'affection, leur offrent des cadeaux dispendieux, les amènent dans des restos chics et parfois leur offre des drogues. Après quelques temps, ils leur disent qu'ils ont des problèmes d'argent et qu'elles doivent les aider en dansant nue, puis en se prostituant. Ils peuvent utiliser le chantage émotif, mais aussi les menaces et la violence physique et sexuelle. [Stéphanie]



5- Ce n'est pas une question de classe sociale, d'éducation, etc. C'est une question de naïveté. Je comprends qu'elles se font maltraiter une fois dans le cercle vicieux du réseau, mais elles ont, à la base, accepté de suivre cet homme (pimp)! C'est de la prévention auprès de jeunes filles qu'il faut faire, avant même qu'elles s'embarquent! [Vanessa]



6- J'ai enseigné pendant 20 ans en Ontario. Pendant toutes ces années, j'ai eu dans mes classes au moins cinq filles de 14-15 ans qui, par leur attitude et leurs fréquentations, pouvaient tomber dans le piège de la prostitution. Peu importe le nombre d'avertissements et de discussions avec elles, elles ont toutes fini par quitter l'école durant l'année scolaire. Plus tard, j'apprenais qu'elles se prostituaient ou qu'elles dansaient dans des clubs de danseuses nues. J'étais très triste et désolée. J'ai tout essayé afin qu'elles puissent éviter le piège mais en vain... [Lucie]



7- Je me suis prostituée dans ma jeunesse suite à l'arrivée d'un «pimp» dans ma vie. J'avais 15 ans à l'époque. Je suis tellement terrorisée qu'encore aujourd’hui faire l'amour à mon conjoint est un travail… J'ai maintenant une trentaine d’années et je suis tellement marquée de tout ça que je ne connais pas ce qu’est véritablement l’amour. Pour moi, c'est offrir mon corps. Heureusement, après plusieurs tentatives de suicide, je m’en suis sortie, mais je suis marquée à jamais. Faites en sorte que ça change! [Mélissa]



8- Cette situation me surprend oui et non. Oui, parce que nous ne devrions pas avoir autant de jeunes qui sont si vulnérables dans une société comme la nôtre (où sont leurs parents?). Et non, car dans le fond, il y a beaucoup de choses qui ne vont pas si bien dans la société, dans notre mode de vie et dans les familles. D'une manière ou d'une autre, c'est désolant de voir que ces jeunes filles vivent cette violence et cette solitude et que personne ne semble pouvoir rien faire. [Nathalie]



9- Nous vivons dans une société où l'on incite les jeunes à la surconsommation, à se vêtir comme des adultes alors qu'elles (ou qu'ils car le phénomène existe aussi chez les garçons) ne sont que des enfants. La sexualité est un sujet omniprésent. Et que dire du rapport avec l'argent. Un jeune doit «obligatoirement» avoir un cellulaire à 10 ans, une voiture à 16 ans et de l'argent de poche pour se payer tout ce que les parents ne leur donne pas. Alors, on les attire avec un moyen rapide de faire beaucoup d'argent; un incitatif alléchant mais, une fois dans l'engrenage, c’est difficile d'en sortir. [Francine]



10- Je ne comprends pas comment un homme peut se servir d'une femme ou d’une jeune fille comme d’un objet. Il faudrait s'en prendre aux clients qui font marcher ce commerce. S’il n'y avait plus de client, il n'y aurait plus de prostitution. Ces hommes-là sont pires que les proxénètes à mon point de vue, car ils consomment de la marchandise humaine et retournent chez eux avec la conscience tranquille. Ils collaborent à ce crime. [Louise]



11- C'est un autre dossier où je vois que nous n'avons pas les outils nécessaires pour protéger nos adolescentes, un peu comme la pédophilie. Pourtant, ça existe, mais les gens ferment les yeux et se disent que ça se fait ailleurs, mais pas chez nous. Le Canada est un pays idéal pour ces "entreprises", les peines sont faibles et les outils insuffisants. [Marc]



12- Il faut arrêter de dire et de croire qu'une femme a choisie se métier là. Il n’y a pas une petite fille sur la terre qui a dit "quand je serai grande, je veux être une prostituée!" Arrêtons les clients, et changeons notre façon de voir se milieu. Il faut dire les choses comme elles sont. Arrêtons d'être gentils et d'amoindrir les choses. C'est de l'esclavage un point c'est tout! [Lise]